Comment naît une sculpture filaire : les coulisses de Lucie
Quand on me demande comment je commence une sculpture, je réponds toujours la même chose : je ne commence pas. Je pose un fil, je le prends en main, et je regarde où il veut aller.
Lucie est née exactement ainsi. Pas de dessin, pas de croquis, pas de destination. Seulement un fil de cuivre et l’envie de voir ce qui se passerait.
Un fil, et la première courbe
Tout démarre par un geste simple : plier. Une première courbe, puis la suivante qui lui répond. Le fil se tord, s’enroule, forme une boucle, puis une autre un peu plus bas, comme un écho. Je ne cherche pas à dessiner une forme : je laisse chaque courbe appeler la suivante.
Petit à petit, les lignes se rejoignent, se croisent, se relient grâce à une soudure venue d’un tout autre monde. C’est elle qui donne à l’ensemble sa tenue, et qui permet au fil de devenir volume.
Des détails qui font vivre l’œuvre
Une fois la silhouette posée, tout se joue dans les détails. Un cercle qui s’ouvre comme un regard. Un ressort qui vibre comme un cœur qui s’emballe. Un tout petit cœur, caché dans la dentelle des lignes. Plus bas, une torsade de fils, comme une chevelure tressée ou un lien qu’on aurait voulu garder.
Ici et là, des éclats de cuivre martelé captent la lumière comme des fragments de mémoire. Quelques fils argentés, plus pâles, traversent l’ensemble comme des pensées qui passent. Le cuivre est ensuite patiné et vernis, pour que la matière garde sa chaleur.
Le noir, ou ce que le cuivre ne dit pas
Lucie se dresse sur un panneau noir, comme surgie de la nuit. Ce fond n’est pas un simple support : c’est lui qui dessine, en creux, tout ce que le cuivre ne dit pas. Rien n’est symétrique, rien n’est figé. L’œuvre respire dans ses vides autant que dans ses pleins.
Qu’est-ce qu’on regarde, au juste ?
C’est la question que je préfère. Certains voient un corps, presque un totem. D’autres une créature à mi-chemin entre l’insecte et l’oracle. D’autres encore la carte d’une ville imaginaire, un système nerveux, ou une écriture inconnue, faite de spirales et de petits signes.
Je n’ai pas voulu choisir. Lucie est un espace ouvert, et ce que vous y voyez dit peut-être autant de vous que d’elle.
Une sculpture qui change avec la lumière
Le cuivre est vivant. Rose pâle le matin, orangé en fin de journée, presque rouge sous une lampe chaude. On ne regarde jamais Lucie deux fois de la même façon : on y revient, et une forme qu’on n’avait pas vue apparaît, un visage se dérobe, un autre se dessine.
Venir la voir, ou en voir d’autres
Lucie a trouvé son foyer dans une collection privée : retrouvez sa fiche pour la découvrir en détail. Mais les sculptures filaires se comprennent mieux en vrai, quand on tourne autour et que la lumière joue dessus.
Vous pouvez parcourir la galerie des sculptures ou la boutique, et si vous êtes dans la région, l’atelier-showroom de Clion vous accueille sur rendez-vous : je vous y attends.
Et dites moï, en commentaire ou à l’atelier, ce que Lucie vous a raconté.
Amimono




















