| Technique : | Technique mixte sur fond plaque sandwich aluminium. |
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| Format : | 53 H x 73 L cm |
Certains voyages laissent une empreinte qui ne s’efface pas. Celui que j’ai fait au Japon en fait partie. Tout y était différent : les enseignes lumineuses, les rues étroites, les sons, les odeurs, la politesse des gestes. Chaque jour apportait une surprise, et j’avais l’impression de marcher dans un décor dont je ne connaissais pas les règles. Ce voyage m’a appris à ralentir, à regarder autrement et à laisser les choses venir à moi.
Pourtant, au milieu de ce dépaysement, une scène m’a arrêté par sa familiarité. Dans un petit café, à l’écart de l’agitation, une jeune femme faisait une pause. Elle était assise à une table ronde, coude posé, le menton appuyé sur son poing, le téléphone dans l’autre main. Devant elle, un grand verre rempli de glaçons, une paille plantée au milieu, et un petit plateau où reposait quelque chose à grignoter. Rien d’extraordinaire, et pourtant j’ai eu un sourire : à l’autre bout du monde, il y a toujours un café où quelqu’un prend une pause, le téléphone à la main.
Elle portait une casquette à large visière, un haut aux poignets rayés et une allure décontractée. Elle ne parlait à personne. Son regard était fixé sur l’écran, avec cette attention détendue de celles et ceux qui feuillettent leurs images, lisent un message ou vérifient une notification. Les bruits du café continuaient autour d’elle : les tasses, les voix basses, la porte qui s’ouvre. Elle, elle était ailleurs.
Cette scène, je l’ai dessinée en fil noir sur fond blanc, encadrée d’un fin trait toujours en fil qui rappelle l’écran d’un téléphone. Le trait est continu, noir, avec son ombre. La jeune femme n’a pas de visage : la casquette, le menton sur le poing et l’écran suffisent à dire ce qu’elle fait. Cette absence de traits la rend anonyme, et donc universelle. Elle pourrait être n’importe qui, dans n’importe quelle ville, un jour de voyage ou un jour ordinaire.
Au-dessus d’elle, une petite bulle flotte : un cœur, et le chiffre « 1 ». C’est la notification des réseaux sociaux, celle que l’on reconnaît de loin. Un seul « j’aime », un seul signe qu’une personne, quelque part, a vu et apprécié. J’ai longtemps regardé cette bulle. Elle est minuscule, presque modeste, et pourtant elle dit beaucoup : le besoin de savoir que l’on n’est pas seul, que quelqu’un a pensé à nous, même à distance.
Car c’est peut-être cela, un souvenir aujourd’hui. Quand nous voyageons, nous prenons des photos, nous les partageons, et nous attendons une réaction. Un « j’aime » est une manière de dire à ceux que l’on a laissés derrière soi : « Voici ce que je vois, pensez à moi. » En retour, ce petit cœur est une façon de répondre : « Je suis là, je vous ai vu. » La distance se réduit à la taille d’un écran.
Dans mon tableau, le verre à la paille et le plateau restent à leur place, presque oubliés. Le temps de la pause s’écoule à travers le téléphone. On pourrait y voir une critique, celle de nos regards trop souvent baissés. Ce n’est pas mon propos. Je ne juge pas cette jeune femme. Je l’ai sans doute été moi-même, un soir, dans un café d’une autre ville, à regarder des images de la journée avant de m’endormir. Ces moments d’écran sont aussi des moments de tendresse : on y revoit les visages, les paysages, les instants qui comptent.
Ce qui me frappe, c’est la ressemblance. J’ai déjà croqué des scènes semblables ailleurs : à Paris, dans des cafés, sur des terrasses, où des personnes s’accordent une pause, un café et un moment pour elles. Le décor change, les visages aussi, mais le geste reste le même. Le monde est immense, et pourtant nous nous retrouvons partout dans les mêmes petits rituels : une table ronde, une boisson, un téléphone.
Ce voyage m’a donné des dizaines de croquis, des photos par centaines, et quelques images plus fortes que les autres, celles qui reviennent d’elles-mêmes dans les rêves. Cette jeune femme au café en fait partie. Elle n’a rien d’un monument, elle n’a rien de spectaculaire, mais elle raconte quelque chose de vrai : la manière dont nous vivons désormais nos souvenirs, à la fois seuls et reliés.
Le tableau s’appelle « Souvenirs », parce qu’il en contient deux. Le premier est le mien : celui d’un voyage inoubliable au Japon, et d’un café croisé au détour d’une rue. Le second est celui de cette jeune femme, que je ne connaîtrai jamais, et qui regardait sans doute, sur son écran, le sien
Cette œuvre mesure 73 cm de largeur sur 53 cm de hauteur. Elle se présente au format portrait.
Technique mixte sur fond plaque sandwich aluminium.
Non, cette œuvre est en cours d'exposition. Il s'agit d'une pièce unique, elle ne sera pas rééditée. Vous pouvez découvrir les œuvres actuellement disponibles dans la boutique.
Cette œuvre a été réalisée par Amimono, artiste installé à Clion dans l'Indre, en région Centre-Val de Loire. Chaque pièce est façonnée à la main dans son atelier.
Il représente une jeune femme qui fait une pause dans un café, le téléphone à la main, le menton appuyé sur son poing, devant un verre à la paille. Au-dessus d'elle flotte une bulle de réseau social avec un cœur et le chiffre « 1 ». L'artiste l'a croquée lors d'un voyage au Japon, pour rappeler qu'à l'autre bout du monde, on retrouve les mêmes gestes du quotidien.
Ce tableau garde la trace d'un voyage au Japon et d'une pause au café. En dessinant une jeune femme absorbée par son téléphone, l'artiste rappelle que nos souvenirs se partagent désormais à travers l'écran, et qu'un simple « j'aime » peut suffire à nous relier au bout du monde.