Texte de Romane Fraysse, sur l’exposition solo de l’artiste Amimono.
Installation & performance du 18 novembre au 23 décembre 2023, à la médiathèque André Malraux de la ville de Chauny.
Qu’est-ce que le mouvement, si ce n’est une preuve de la vie ? Aussi matériel que spirituel, il est ce qui anime et lie nécessairement les êtres entre eux. Lors d’un dialogue, les mots qui sortent des lèvres de l’un ne servent-ils pas à remuer la pensée de l’autre ?
Du corps au verbe, c’est bien ce lien indissociable entre vie et mouvement qu’Amimono souhaite incarner dans cette œuvre en quatre temps. Le sculpteur a choisi le poisson comme emblème d’une genèse commune à toutes les espèces. Ne dit-on pas que la présence de l’eau atteste la vie sur une planète ?
Pour illustrer la longue traversée des êtres au fil du temps, près de 1 200 poissons de forme similaire vont défiler dans la médiathèque André Malraux de la ville de Chauny. Les visiteurs sont d’abord accueillis par une spirale de poissons surgissant du sol. La multiplication d’une même silhouette ovale témoigne d’un ancêtre commun, mais à y regarder de plus près, on peut percevoir que chacune présente une originalité. Des poissons en fil de fer composent avec le vide, tandis que d’autres le comblent par leur volume en gypse. Telle une espèce se séparant en deux, l’artiste poursuit sa quête des singularités en mêlant les techniques. Certains corps sont couverts d’acrylique, d’aquarelle, d’encre de feutre, d’autres sont gravés, grattés, ornés de collages de papiers, de projections, de perles, de plumes ou de billes d’acier. En ce sens, Amimono souhaite incarner le paradoxe de l’être, aussi unique que semblable à ses contemporains.
Malgré leurs différences, tous les poissons progressent collectivement les uns derrière les autres. Où vont-ils ? C’est aux visiteurs de le découvrir en suivant ce long sillage qui navigue dans la médiathèque et s’élance jusqu’au plafond. La vie est un fleuve à parcourir, de bas comme de haut. En quête de sens, ceux-ci mettent leur corps en mouvement, et explorent l’espace au fil de la nage des poissons. Parmi eux, certains sont tatoués de mots éloquents, dévoilant quelques indications sur leur trajectoire, telles que « c’est par là » ou « suivre le mouvement ».
Ainsi, l’œuvre invite les visiteurs à prendre une direction commune vers son apogée. Dans la salle d’exposition, elle présente finalement un grand banc de poissons tournant sur lui-même. Là, plus de 600 sculptures gravitent dans ce grand cosmos circulaire. En parfaite allégorie de l’existence, ce long mouvement continue au fil des jours et sera rythmé par la fugue de certains poissons alors que de nouveaux surgiront de l’ombre.
Qui est AMIMONO ?
Autodidacte, jeune, il rencontre dans un centre culturel un artiste, Henri Burin, pour avoir des cours de dessin. Mais là ce fût plus une rencontre décisive, plus que des cours d’équilibre des ombres et de la lumière mais la rencontre d’un personnage aux multiples facettes artistique qui donnait plus que son savoir mais l’ouverture d’esprit de soie. Durant plusieurs années, il continua à progresser, à se forger une identité artistique avec d’autres rencontre d’artistes majeure « Ses Maîtres » pour lui et l’évolution de son art :
- Irénée Arvel lui apportera le « peint aux sentiments », à ce libéré des codes, faire vivre son imaginaire.
- Jeannine Vanden Abeele, celle qui lui emmènera dans de multiples expositions et le pousser à lui-même exposer.
- Driss Agabsi, lui la générosité du partage artistique, la légèreté du trait et la finesse des couleurs.
- David Farsi, « le personnage » de la démesure des projets artistique mais toujours abouti. De cela en sortira l’automatisme de concevoir un projet, de scénarisé son art pour mieux le présenté aux visiteurs. Donne leurs du rêve ! (DF)
Tout cette alchimie des rencontres (d’amis) ont permis d‘être l’artiste qu’il est aujourd’hui.
C’est un plasticien à de multiple facette, mélangeant tout ce qu’il a pu glaner de la vie, des rencontres, des conseils, des techniques, de son apprentissage personnel et toujours ouvert à l’écoute du nouveau, rester avec son temps.
Après une vingtaine d’années de recherches, AMIMONO se spécialise dans la sculpture filaire, tout en poursuivant sa pratique de la peinture, de la photographie et de l’art numérique.
Ses sculptures murales capturent alors des scènes de vie, prises sur le vif, qui vibrent encore grâce à l’expressivité du fil métallique. Laissées en suspension, celles-ci jouent avec les lumières pour révéler une nouvelle dimension à travers les ombres qu’elles projettent.
Le plasticien commence à exposer ses œuvres dans les années 1990, et participe à de multiples expositions collectives, individuelles et dans différentes galeries en France et à l’étranger.
Il expose pour la première fois au salon Art Capital au Grand Palais en 2018, puis devient sociétaire des Artistes Français en 2020 et Membre du Cercle des artistes européens.





















