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| Technique : | Technique mixte – peint à la main : aquarelle, encre, crayons de couleurs. Vernis. |
|---|---|
| Format : | 81 H x 100 L cm |
| Encadrement : | non |
| Information : | Pièce unique. |
| Paiement : | Paiement sécurisé par Carte bancaire. |
Soleil de Paris
Les premiers vrais rayons de soleil viennent d’atteindre Paris, et la ville tout entière sort de sa torpeur. Les manteaux restent sur les portemanteaux, les fenêtres s’ouvrent, les trottoirs se remplissent. Chacun a la même idée au même moment : trouver une place en terrasse, s’asseoir et profiter du temps qui passe. Les cafés ne désemplissent pas. Les chaises en rotin se serrent les unes contre les autres, les tables se touchent presque, et il faut parfois patienter avant d’apercevoir une chaise libre.
Moi, je ne cherche pas de table. Simple passant, je marche lentement, carnet à la main, et je n’ai que l’embarras du choix. Ici, un couple qui déchiffre la carte ; là, un homme qui savoure sa bière ; plus loin, un groupe qui discute sans se soucier de personne. C’est la haute saison créative : chaque terrasse est une réserve inépuisable de sujets, et chaque croquis pourra devenir, plus tard, un tableau ou une sculpture.
Sur ma gauche, deux promeneurs avancent d’un même pas, si proches qu’ils semblent ne former qu’un seul corps. Lunettes de soleil sur le nez, l’un porte un foulard bleu noué autour du cou, l’autre un sac en bandoulière. Ils ne s’arrêtent pas. Ils traversent la scène comme on traverse un souvenir, pressés d’aller profiter ailleurs de ce que d’autres ont déjà trouvé. Ils me rappellent que, sur une terrasse, il y a toujours ceux qui s’installent et ceux qui passent.
Autour de moi, les lunettes de soleil sont de sortie. Elles se posent sur le nez ou se relèvent sur la tête, comme un signal : l’hiver est bel et bien fini. Derrière leurs verres sombres, les regards se dérobent, et je peux observer sans être vu, sans que personne ne se demande pourquoi cet inconnu les fixe si longtemps.
À la table voisine, trois personnes sont penchées sur les menus. Une femme drapée dans une longue robe bleue aux plis profonds parcourt la carte du bout des doigts. À côté d’elle, une autre, lunettes relevées sur la tête, lit les propositions du jour. Entre elles, une troisième, un gilet rayé sur les épaules, cherche ce qui lui fera plaisir. Leurs sacs reposent au pied des chaises, comme des compagnons discrets. Personne ne parle : le choix d’un plat est une affaire sérieuse quand le soleil est de la partie.
À l’autre bout, un homme est assis, jambes croisées, le bras posé sur l’accoudoir. Sa chemise claire capte la lumière, un verre de bière blonde attend sur la petite table ronde. Il ne lit pas, ne regarde pas son téléphone, il ne fait rien d’autre qu’être là. Son calme contraste avec l’agitation des autres. Je le dessine à grands traits, car il incarne à lui seul ce que tout le monde vient chercher ici : le droit de ne rien faire.
En croquant tous ces personnages, je m’aperçois d’une chose étrange : je ne dessine aucun visage. Je ne retiens ni les traits, ni les expressions, ni les âges. Ce sont des postures, des gestes, des vêtements et des couleurs qui me parlent. Les visages, eux, restent lisses et jaunes comme le soleil qui les baigne. Peut-être est-ce parce que, sur une terrasse, nous nous ressemblons tous : le même besoin de lumière, le même plaisir simple, la même envie de suspendre la journée. Sous ce soleil, chacun devient un peu le sujet de l’autre.
Le fond du décor est sombre, un mur bleu-gris strié de verticales, presque une palissade d’ombre. Au milieu de ces tons froids, une silhouette en costume se devine à peine, comme un fantôme oublié derrière les chaises. Je l’aime bien, celui-là. Il rappelle que Paris garde toujours sa part de mystère, même par grand soleil, et que derrière la gaieté des terrasses passent aussi des présences que l’on ne remarque pas. À droite, une chaise rouge entre dans le cadre, dernière touche de chaleur avant la fin de la page.
Mon carnet se remplit vite. Des traits, des plis, des ombres, quelques notes de couleurs griffonnées dans les marges : bleu profond pour la robe, jaune pâle pour la peau, rotin doré pour les chaises. Je sais déjà que je ne tirerai pas un seul tableau de cette scène, mais dix. Chaque croquis est une graine, et il faudra des semaines pour qu’elle pousse.
Le soleil descend, la lumière se dore, les serveurs commencent à débarrasser. Les promeneurs de tout à l’heure sont partis, les convives se lèvent, la table du fond se vide. Je referme mon carnet sans me presser. Demain, d’autres rayons attireront d’autres passants, d’autres tables, d’autres histoires. Et moi, je serai là, quelque part entre deux terrasses, à regarder le temps passer en essayant de le retenir, un trait à la fois.
Cette œuvre mesure 101 cm de largeur sur 81 cm de hauteur. Elle se présente au format paysage.
Technique mixte – peint à la main : aquarelle, encre, crayons de couleurs. Vernis.
non
Paiement sécurisé par Carte bancaire.
Cette œuvre a été réalisée par Amimono, artiste installé à Clion dans l'Indre, en région Centre-Val de Loire. Chaque pièce est façonnée à la main dans son atelier.
Il représente une terrasse de café parisienne aux premiers beaux jours : des clients penchés sur les menus, un homme attablé devant sa bière, deux promeneurs qui passent. Les personnages, aux visages jaunes sans traits, sont posés sur un fond bleu sombre. Cette scène est née d'un croquis pris sur le vif par l'artiste, simple passant, qui y trouve des sujets pour ses futurs tableaux et sculptures.
Quand la terrasse se vide, il ne reste que les croquis. Le soleil de Paris aura suffi à faire sortir chacun de chez soi, et à donner à l'artiste de quoi créer pendant des semaines. Tant que les beaux jours attireront la foule en terrasse, il y aura des scènes à observer et à dessiner.