Sculpture murale (filaire)
1 200,00€
Livraison gratuite en France – En dehors nous contacter
Elles se connaissent depuis quelques années maintenant. Depuis leur entrée à l’université.
Attablées à la terrasse d’un café parisien, elles repassent le film de leur rencontre.
C’était un jour d’avril comme celui-ci. Arrivant de sa campagne normande, elle venait d’emménager dans un petit studio au milieu de cette impressionnante et bruyante capitale. Elle se sentait à la fois excitée et terrifiée par cette nouvelle vie qui s’offrait à elle, avide de nouveauté mais aussi emplie de mélancolie. Tout lui manquait : la douceur du chant des oiseaux, le parfum des pommiers en fleur, l’air frais venant de la côte.
Ah la mer ! Il ne se passait pas un week-end sans qu’elle n’enfourche son vélo pour aller y flâner seule ou avec ses amis. Seulement deux semaines qu’elle était ici. Deux semaines qui lui semblaient être une éternité. Paris est tellement peuplée. Pourtant elle ne s’était jamais sentie aussi seule et perdue.
Le jour de la rentrée universitaire, elle déambulait jusqu’au métro, stressée, ne remarquant pas qu’elle était suivie depuis la sortie de son immeuble. Puis les jours passèrent. Prenant ses marques, elle s’apaisait de plus en plus et se surprenait même à aimer l’atmosphère de la ville et toutes ses richesses.
Un matin, une jeune femme qui devait avoir son âge l’aborda.
“Salut ! Nous sommes voisines. Je te suis tous les matins en allant en cours.”
Parisienne pure souche et pleine d’assurance, elle était étudiante également, mais en deuxième année.
Elles prirent l’habitude de s’attendre en bas de l’immeuble chaque matin pour faire le trajet jusqu’à l’université. Au fil des semaines, une véritable amitié se forgea. Elles se retrouvaient désormais chaque midi pour partager leur pause déjeuner ; Chaque soir pour réviser et regarder leur série préférée ; Chaque week-end pour partir en soirée ou faire du lèche-vitrine.
Elles devinrent inséparables jusqu’à ce que l’une parte terminer ses études à l’étranger. Néanmoins, elles gardèrent toujours contact et, lorsqu’elles se retrouvèrent à nouveau, prirent l’habitude de se donner rendez-vous à la terrasse de ce petit café niché dans une ruelle au creux de Paris.
Chaque semaine, elles sont fidèles à ce rendez-vous matinal, avant qu’elle ne parte donner ses cours d’anglais dans un lycée non loin de l’université ou que sa copine, éternelle étudiante qui poursuit son doctorat, ne rejoigne les bancs de la faculté.
Une jolie façon de commencer la journée tout en douceur et en légèreté. L’appartement sens dessus dessous qu’il faut ranger, la liste de courses, la valise pour le week-end en Normandie à préparer, le cadeau d’anniversaire de maman à trouver, le retard dans le travail, tout ça est remis à plus tard.
En ce début de printemps, bien qu’un grand soleil irradie le ciel, l’air est frais. Tout en refaisant le monde, elles laissent les rayons transpercer leur peau et se délectent de cette douce chaleur se propageant dans tout leur corps. C’est leur moment. Elles s’autorisent à se laisser vivre un peu, enfin.
Leur silence est rompu par un drôle de zèbre, le garçon de café qui, d’une chorégraphie rondement menée, parvient jusqu’à leur table sans, par on ne sait quel miracle, se prendre les pieds dans une autre. En bon professionnel, il dépose devant les deux amies les boissons commandées, entre un court instant dans l’antre de leurs secrets, avant de continuer sa danse.
Plane maintenant à leur table un parfum de citronnade mêlé à celui du café fumant. Ces douceurs qui enchantent leurs papilles et mettent du baume au cœur les régalent. Elles retrouvent un peu les saveurs de cette époque pas si lointaine que sont leurs années étudiantes, un petit goût de “comme avant”, quand toutes leurs confessions étaient partagées à la cafétéria de la fac ou en flânant sur les quais.
Elles savourent leur élixir tout en se remémorant les souvenirs passés. Elles ont toute la vie devant elles mais se demandent comment leur jeunesse a pu filer ; Comment les contraintes de la vie active d’adulte les rattrapent si vite au fil des mois et des années.
Elles regardent passer les gens, se demandant où ils vont et leur imaginant une vie. Leur jeu préféré.
Le temps semble s’être arrêté. Mais le chant du carillon sonne l’heure du départ qui approche.
Elles entendent le mouvement de la ville qui se réveille : le ballet des voitures de plus en plus nombreuses, le bruit des klaxons et des livreurs qui terminent de décharger leur camion, les parents assénant leurs enfants de se dépêcher un peu pour ne pas être en retard à l’école.
Il est temps de partir en se promettant de se retrouver la semaine prochaine. Même endroit, même jour, même heure, rien qu’elles deux. C’est la règle, déterminées à ce que ce précieux rendez-vous garde toujours cette même saveur. Celle de l’amitié inconditionnelle.
Ressourcées par leurs partages et pleines d’énergie, elles sont prêtes à tout affronter. L’instant était idéal, la journée est à elles.
La légèreté d’un doux moment a souvent plus de poids qu’on ne le croit.